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09/07/2014

Allo ?

Je t'appelle pour entendre quelqu’un me dire que c’est pas si insupportable que ça.

Que les quatre murs c’est que du bois. Ca se traverse en soi mais c’est vrai qu’on avait pas la force ces semaines - on se fait vieux tu sais - enfin pas tellement mais ça m’arrive de regarder la télé quoi. En tout cas je saigne plus trop, j’ai ouvert mon front plusieurs fois mais ça coule plus - je pense que ça y est tout est vide - ça va. Oui oui et toi ? J’appelais pour entendre un truc en fait, autre chose que les voix dans le corps qui vaquent, tu sais qui se suffisent d’une broutille - je sais pas ça a l’air léger, ou alors le hurlement tu sais. Y a des fenêtres en trop chez moi, et c'est vrai que quand dedans ça crève de faim c’est compliqué de faire quoi que ce soit d’autre. Je t'appelle pour m’entendre dire que d’un côté j’y peux rien - mais quand je vois ce que ça donne chez les autres de se contenter de ça j’ai un peu peur. Ouais. Oui c’est sûr mais on dirait bien que ça fait partie du truc de pas se souffrir la gueule à grands coups de reportages. Ben ouais. Oui ben non c’est sûr. Mais j’ai pas envie de pas savoir.
J’ai pas envie de pas savoir. J’ai essayé mais ça me rend con, j’me remets à couler par les trous puis j’perds des trucs des broutilles tu sais - des erreurs en forme de journées, des heures.

 

02/07/2014

Arrive le jour

Arrive le jour
Lève-toi un peu
Y a pas que ça
A faire. Lève-toi
J'attendrai pas
Toute la

Arrive le jour
Lève-toi

-

Arrive le jour
Où on se décide
Enfin à laisser
Faire les forces

Arrive le jour
Où on se laisse
Enfin fondre

Arrive le jour
Où on se lâche
Enfin le centre
Pour l'envoyer
S'écraser au sol

-

Arrive le jour !
Arrive enfin !
Lève toi un peu
Sors de terre
Déplie-toi
Étends doucement
Doucement ton matin
Envoie-le cogner
Contre nos centres

-

Arrive le jour
Où on se décide
Enfin à laisser
Faire les forces

On fonce vers le centre
On lâche tout le poids
On lâche tout
Centre vers centre

Attirance d'un corps
Humain pour un corps
Céleste
Une planète

Arrive le jour
Où on est lourd
Où les jambes lâchent
Où par terre
Est un ravin vertigineux

Et on lâche tout
On fonce vers le centre

-

Arrive le jour
Où on s'autorise larve
Où on s'autorise flaque
On s'autorise gravité
On oublie le céleste
Et tout fond sur le sol

Après c'est soit
Ça s'écrase
Et immobilité parfaite
Soit ça engendre
Ça détourne
On tombe
Mais on tourne
On rattrape
On allonge

-

Et alors qu'on sombrait
Qu'on renonçait
Épuisé de toujours
Lutter contre le nous
Qui ne nous
Tire pas vers le haut
(...)
Et alors qu'on sombrait
Le corps rattrape et lance
Le poids vers le côté
L'avant
L'arrière
N'importe où
Il n'y a pas de mieux
Mais on tient debout

Peut-être même
Que la fonte
Vers le sol
Était telle
Était si forte
Si lourde en fait
Qu'elle nous a fait sauter
Décoller

-

Et alors qu'on sombrait
On se dit qu'il
Arrive le jour
Qu'il est là
Frémissant
Celui où enfin
On laisse tout tomber
Et même que tout ce temps
On attendait que ça
Fuir vers par terre
Laisser la gravité se faire

Mais le corps récupère
Il y a des réflexes
Plus forts que la fatigue
Que l'envie de terre
Et de flaque
De poussière

Le corps récupère les forces
Et nous jette en l'air
On croyait sombrer
Mais on esquisse
Quelque chose
Comme un pas de danse

-

Rageur
Pur
Fluide
Nerveux
Fugace

Et enfin on se lève
Et arrive le jour

09/06/2014

Homme debout

Tu es au sol
Immobile
Et maintenant il faut bouger
Il faut se mouvoir
Jusqu'à se lever même

Mais debout
C'est jamais qu'être couché
Verticalement
Contre l'air
S'adosser à des vents
Prendre appui sur le vide
Et ne pas s'étonner qu'on tombe

Ne pas tomber
Ne pas le dire

-

Socialement
Tu ne peux pas rester couché par terre
Tu dois marcher
Homme debout
Tu ne peux pas continuer à fixer le plafond

Le visage fermé
Comme un cadavre
Comme un sarcophage
Comme un pervers qui attendrait que passe une jupe

On ne sait comment te prendre
Couché par terre
Mélancolique
Tu es lourd
Tu laisses aller ton poids 

Et personne n'a la force de te soulever
Et personne n'ose te regarder
Et croiser ton regard

Regarde les hommes debout
Tu aimerais qu'ils te piétinent
Martyr
Mais ils prennent tellement garde à
Ne pas te remarquer
Qu'ils t'évitent soigneusement

-

Tu es si bas
Que personne n'est assez souple 
Pour se pencher 
Et regarder en l'air du même angle que toi