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06/01/2015

Fille Forêt

Tu la connais la fille que je connais ?
Celle qui lit dans des livres blancs
Des lignes de point et s'y perd
Comme sur les murs des musées
Tandis que d'autres observent.
Tu connais la fille que j'ai connue ?

Je ne la connais plus.
Et pourquoi c'est toujours des hommes
Qui connaissent des filles ?
Et non jamais l'inverse,
Comme si on faisait le marché :
Tu traverses, et partout dans le temps figé

Y a des filles qui t'attendent
Et seuls les hommes fusent,
Effacés
Pas plus vivants, non
Mais agissants
Evidents

Tu connais la fille que je connais ?
Tu connais ma fille ?
Elle est aveugle
et elle a peur souvent

-

Elle a peur du noir derrière ses yeux,
C'est évident.
Imagine un monde
Seulement
Avec les doigts,
Seulement avec la tête.
Mais rien de net.

Une vie en vue de l'esprit :
La fille que je connais s'emmêle,
La fille que j'ai connue s'emmerde
Et celle que je cherchais s'en tape.
Je cherchais la violence
Parmi les êtres humains,
Les envies de vengeance,

Mais pas les toutes petites : 
La grosse,
Le désespoir à hurler de rire
Les sensations puissantes, pas la peur.
Je cherchais ma fille et je ne la trouvais pas.
Ensuite elle était là
Et elle avait grandi.

 

-

Et elle était toute froide,
Comme les autres,
Toute sèche.
Je l'ai touchée
Un peu
Partout,
Mais elle était déjà conforme.

J'ai couru partout.
La fille que je cherchais à pondre,
A faire,
Celle que j'ai sortie de mes entrailles de fou,
Que j'ai tirée de mon entrejambe indéfinie
Devait être puissante,
Indépendante.
Je chie sur la fragilité supposée
Des filles et des femmes.
Je veux pouvoir cracher sur elles
Et puis les embrasser
Tout comme les hommes.
Tu connais la fille que je connais ?

C'est celle qui est un ami,
Pronom indéfini,
Ma fille il est mon pote
Et c'est fini.

La fille que je connais avait
Une existence propre
Et se permettait d'être sale

-

Et quand nous nous sommes perdus dans la forêt

Nous avons simplement bien pris garde

De ne pas retrouver notre chemin.

-

Nous avons marché longtemps,
En ne marquant pas sur les arbres
Chaque pauvre pas que nous faisions.
La fille que je connais y grimpait et pissait de là-haut
Sur tous les airs fatigués que vous pouvez avoir.

Nous avons marché longtemps sans nous plaindre,
En jetant des regards furieux à ce qui en dedans de nous aurait voulu s'arrêter,
A ce qui en dedans criait : arrêtez,
Arrêtez.

Nous avons regardé une seconde en arrière,
Mais il n'y avait que la grande fête de ceux qui s'emmerdent.
Et quand nous avons regardé devant il y avait la fierté de ceux qui t'emmerdent.
Il y avait l'honneur d'un cheval chargeant au sabre un panzer.

Il a fallu choisir d'être seuls.
Il a fallu choisir d'avoir raison.
Il a fallu tout lâcher,
Ignorer tous ceux qui voulaient discuter.

La fille que je connais et moi-même
Sommes heureux de vous faire part
De la naissance d'un théorème : 

C'est la vie qui nous pousse vers les autres,
Mais les autres nous poussent à oublier la vie.

-

Et quand nous nous sommes perdus dans la forêt

Nous avons simplement bien pris garde

De ne pas retrouver notre chemin.

 

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