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31/12/2013

Ce qui me tue.2 - Charpente et géométrie

Ce qui me tue c'est que ce soit comme si de toute façon certains, dont je,
Étions à l'abri de tout désastre, et qu'il suffirait qu'un autre s’assoit ici pour que le craquement retentisse,
Répercuté par la grandeur d'église vidée, désossée,
Annonçant la mort brutale de l'Innocent, du Sud,
De quelque chose de plus fragile et de plus sombre.

 

Ce qui me tue c'est d'être comme invincible, inaccessible, imperméable aux événements et aux choses, insensible au mal des lieux, et très vite ennuyé de leur bien.
C'est d'être un point dans un carré, dans un cercle, un losange, une multitude de petits ronds enchâssés comme une cible, et mon corps le gros lot, les mille points victorieux.
À force de me laisser tuer par des pensées, plus besoin d'attendre l'écroulement, d'attendre l'obus bien visé au centre du carré.
Quelles influences les coins, la forme, les angles et la surface du lieu peuvent ils avoir sur ce qu'il contient, sur un corps et un être pointilleux, légèrement pensant, naturellement porté vers son propre centre, vers le recroquevillement discret et pourtant rayonnant du cube toujours plus petit et concentré, vers l'essence de l'air, vers le plus grand et le plus petit, le plus merdique – vers le plus ?

Je pourrais tout aussi bien me laisser mourir de faim avant que l'autre extrémité de la poutre ne lâche.
Je pourrais bien écrire, là, sous le quadrillage du soleil, pour dire que je m'excuse d'être vivant et de peser sur terre aussi peu, aussi tranquillement.
Pardon.

Ce qui me tue.1

Ce qui me tue c'est de pouvoir en un mot se moquer de tout, en ironie et en dûreté, abrupt.

C'est de pouvoir dire tout et son contraire en y croyant, c'est la puissance et l'impuissance des mots.

C'est se mettre à l'abri, et s'y permettre tout.

C'est la lâcheté qu'il y a dans

Avoir raison.

 

J'ai hâte.1

J’ai hâte de te voir donner le sein à un ordinateur.

J’ai hâte d’observer en direct le monde s’entretuer.

J’ai hâte d’analyser mon sang avec mon téléphone.

J’ai hâte d’apprendre que tout est calculé.

J'ai hâte de nous voir danser sur le bruit du frigo.

J'ai hâte d'oublier qu'il y a des corps.

J'ai hâte de faire des festins de pilules.